


Jamais plus qu’en cette année 2008, commémorant le 400e anniversaire de la naissance de notre peuple en terre d’Amérique, nous aurons pu constater le contraste entre les célébrations de la Saint-Jean-Baptiste, rebaptisée maladroitement Fête nationale au début des années 1980 pour faire plus «ouvert», et celles du Canada Day. En effet, alors que pour la majorité des peuples de la terre, la Fête nationale célèbre le jour de l’indépendance, au Québec, nous assistons à une espèce de festival multiculturel dénationalisé (ou interculturel mondialisé pour les postmodernes à la sauce Bouchard-Taylor) où des amuseurs publics jouent à nous faire oublier notre état de peuple dominé par la nation étrangère anglo-canadienne. Notre fête dite nationale n’est rien d’autre qu’une fête provinciale, apolitique, sans saveur, sans couleur, pour tout le monde, même pour l’Anglais et les communautés culturelles anglicisées qui voteront toujours contre nous. Tout va bien au pays des conquis minoritaires.
La vraie fête nationale, c’est le Canada Day. Une fête politique qui célébrait cette année les 141 ans de la fédération canadienne. Une fête haute en couleur rouge. L’unifolié à tous vents qui, contrairement à notre fleurdelisé, représente un vrai pays : le Canada. Une vraie fête nationale qui célèbre la gloire du multiculturalisme anglicisant qui n’a pour but que notre effacement national progressif du « plus meilleur pays au monde ». Un pays où tous les Canadians, peu importe leur origine, construisent dans la joie, l’allégresse et la solidarité la nation canadienne. Nation canadienne qui, il va de soi, reconnaît les Québécois comme formant une nation qui n’a d’avenir qu’en son sein. Une sous-nation qui survit malgré son assimilation progressive sous le joug de l’Anglais depuis l’invasion sanglante de 1759, l’annexion forcée de 1840, la confédération imposée de 1867 et le coup de force constitutionnel de 1982.
Le Premier ministre Harper l’a dit: nous avons raison d’être fiers de parler encore français. Champlain a fondé le Canada en 1608 en fondant Québec et notre GG Michaëlle Jean, en est le digne successeur. Il est vrai que Champlain était Français et que madame Jean porte la couronne de sa Majesté la reine d’Angleterre, mais il ne faudrait quand même pas s’enfarger dans les fleurs du tapis, nous sommes tous Canadians. Après tout, l’Anglais nous a envahis et soumis pour notre plus grand bien. La preuve, malgré son désir programmé et sa volonté inébranlable, il n’a toujours pas réussi à nous rayer de la carte. Soyons patients, l’immigration intensive forcée réussira bien par faire son œuvre chez nous. L’Anglais a toujours su utiliser l’immigration à ses fins. Un immigrant non francisable ou anglicisable, donc non intégrable, est toujours un Canadian de plus servant à nous folkloriser. L’Anglais et ses collabos ont raison : 55 000 immigrants par année au Québec, dont plus de 60 % grossiront les rangs de la fausse minorité anglaise de la belle province finiront bien par réaliser le vieux rêve de Durham. Montréal, n’est-elle pas redevenue anglaise grâce à ce procédé? Dans ces conditions, nul besoin de la Loi sur la clarté et de voler un second référendum comme en 1995 pour assurer l’unité canadienne. La réduction du poids démographique des Québécois suffit. Conversons comme nous le propose le PQ jusqu’à notre disparition.
Les fêtes du 400e de Québec commémorent donc les 400 ans du Canada. Le bilinguisme est bien évidemment de mise. Le gouvernement canadian ne saurait se soumettre à l’infâme Loi 101 édentée. Cette sinistre farce orchestrée par Ottawa et financée à grands frais (plusieurs millions de dollars) à même nos impôts n’aurait été possible sans la complicité de notre Premier ministre colonisé Charest, grand serviteur du «nation building» canadian, et l’abandon par les politiciens du PQ et du Bloc québécois de la lutte pour la libération nationale de notre peuple depuis le référendum volé de 1995. Alors qu’une nette majorité du peuple québécois (61 %) avait voté pour que le Québec devienne un pays, ces derniers ont refusé d’assumer ce rapport de force et préféré se réfugier dans l’attentisme malsain et l’affirmationnisme provincialiste en invoquant toutes sortes de faux prétextes dont le dernier en date est le manque d’effervescence quant à l’idée d’indépendance. Ce que ces démissionnaires nous proposent n’est rien d’autre qu’un accommodement avec Ottawa pour mieux aménager notre cellule dans la prison canadienne en y cachant les barreaux avec des draperies de dentelle. Pitoyable. Un parti franchement fédéraliste comme le PLQ n’imaginerait pas mieux.
Le Parti indépendantiste, lui, condamne fortement l’usurpation des fêtes du 400e de Québec par Ottawa et la domination anglo-canadienne que subit notre peuple depuis 249 ans. Le P.I. sait qu’une majorité du peuple québécois veut toujours l’indépendance. C’est pourquoi il offre aux Québécois le choix électoral de l’indépendance. Un vote pour le P.I. est un vote pour l’indépendance. Pour que le peuple québécois évite sa louisianisation, se réapproprie son histoire et soit enfin libre de déterminer son avenir, il ne doit plus accepter que l’État étranger canadian lui impose ses lois, contrôle et instrumentalise l’immigration à des fins d’assimilation, lui soutire 50 milliards de dollars par année en impôts et taxes, négocie et signe les traités internationaux à sa place et parle en son nom sur la scène mondiale.
Notre nation est née il y a 400 ans pour être libre. Pour être maîtres chez nous et nous ouvrir sur le monde en français en étant fiers de notre identité, nous devons nous débarrasser du régime post-impérial, arbitraire et illégitime d’Ottawa. Pour que l’Amérique française puisse perdurer, il est plus que temps de déclarer l’indépendance de l’État-nation du Québec. Qui sait, si la classe politique ne nous avait pas si lâchement abandonnés, peut-être qu’en cette année du 400e de Québec, le 24 juin, nous aurions fêté notre indépendance nationale.

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