En hommage à Pierre Falardeau (1946-2009), artiste et intellectuel indépendantiste qui a consacré son talent et sa vie à la cause de l’indépendance du peuple québécois.
À propos de l’indépendance et de l’identité, il y a beaucoup à dire! Une chose est certaine, le Parti indépendantiste mène actuellement la lutte pour l’indépendance du Québec. Promouvant l’identité nationale contre une immigration de masse, militant pour un Québec unilingue français par opposition au multiculturalisme et s’élevant contre la prise en charge de nos leviers économiques, le PI mène de front différents combats.
« La pensée d’une manière d’être différente de celle que la nature semble avoir indiquée, ou que l’habitude nous fait considérer comme nécessaire, s’impose difficilement à l’attention de la plupart des hommes. Une idée de perpétuité et de stabilité absolue s’attache aux grandes masses ethnographiques comme aux grands corps géologiques. »
Edmond de Nevers, L’Avenir du peuple canadien-français.
"Nous pourrions être les maîtres dans le Québec, et pourtant nous sommes les esclaves au Canada. En cessant d’être les serfs du Canada, nous deviendrions les maîtres incontestés du Québec."
Raymond Barbeau.
Lorsque Raymond Barbeau a écrit son livre « J’ai choisi l’indépendance » en 1961, il avait pour but de détruire le mythe messianique du peuple canadien-français si cher à Henri Bourassa de convertir tout le canada et l’Amérique du Nord. Ce dernier voyait le peuple canadien-français comme un peuple marqué par la grâce de Dieu. Henri Bourassa était un patriote catholique qui luttait contre l’assimilation des canadiens-français hors de la nation québécoise, et pour l’indépendance du Canada face à l’Empire britannique. Il n’en demeure pas moins, qu’il était un fédéraliste pancanadien.
Raymond Barbeau dans son livre déboulonne la statue de Henri Bourassa en démontrant la nécessité de l’indépendance du Québec. Pour Raymond Barbeau, Le Québec indépendant devait être la République de Laurentie. Lorsque Raymond Barbeau avec l’abbé Wilfrid Morin fonda l’Alliance Laurentienne le 25 janvier 1957, il avait comme but de développer un devenir laurentien par l’indépendance nationale. Le but était de fusionner l’identité culturelle canadienne-française avec la réalité présente du Québec. Donc, mettre le passé canadien-français au service du présent québécois. Il voulait en finir avec l’idole du fédéralisme, qui aveuglait le regard des Québécois depuis la conquête de 1760 et l’Acte d’union d’Amérique du Nord de 1867.
Le 25 janvier 1957, un jour d’espoir et de confiance s’élevait à l’horizon qui allait marquer profondément un tournant d’importance au nationalisme québécois, alors battu en brèche, en cette fin de décennie. Un tournant salvateur qui allait heureusement à contre-courant idéologique des tenants de Cité libre, à la Pierre Elliot Trudeau, à la Gérard Pelletier et comparses du même acabit; notamment un certain individu nommé Maurice Lamontagne qui prêchait ouvertement l’intégration lucide, c’est-à-dire, l’assimilation!
Or, en ce jour d’espoir et de confiance (il a 53 ans!) un jeune homme de 26 ans!, doué d’une très vive intelligence et clairvoyante, d’une éminente culture et de connaissances phénoménales; audacieux et énergique, fonde le premier mouvement indépendantiste contemporain, l’Alliance laurentienne. N’eut été de la clairvoyance de ce prophète et théoricien de l’indépendance, il n’y eut probablement pas de Rassemblement pour l’indépendance nationale (1960) des co-fondateurs Marcel Chaput et André d’Allemagne, ni de Parti républicain du Québec (1963) de Marcel Chaput; ni de Ralliement national (1966) du Dr René Jutras; surtout point de Mouvement Souveraineté-Association (1967) de René Lévesque, devenu Parti québécois (1968); certainement point de référendums de 1980 et de 1995. Charles de Gaulle n’aurait point pu s’écrier; « Vive le Québec libre ».
Je suis né en 1977, année de l'adoption de la Charte de la langue française. J'en tire bien sûr une grande fierté. Et de toutes les réalisations du PQ, c'est la plus grande et la plus importante, faute de n'avoir pas déclaré le pays rêvé.
D'aussi loin que je me souvienne, j'étais de gauche. Un voyage en Haïti, à 11 ans, au coeur même d'une pauvreté insupportable pour quiconque est épris d'un brin de justice et de dignité, m'a indiqué jusqu'à quel point était primordiales les transformations sociales et l'instauration de la justice, de la dignité et de la paix.
D'aussi loin que je me souvienne, et de plus loin encore grâce à mon père, j'étais indépendantiste. Il n'y a rien de plus normal que la recherche de la liberté, elle-même nécessaire pour assumer entièrement ses responsabilités. Il ne saurait y avoir de paix mondiale sans reconnaissance pleine et entière du droit des peuples à l'autodétermination, et celui-ci, pleinement exercé, résulte en l'indépendance.
Le Parti québécois a été fondé, je crois bien, sur ces deux piliers: l'émancipation du peuple par et dans son indépendance. Il s'agissait pour le peuple d'être souverain. Les premiers programmes du PQ, jusqu'en 1974, en témoignaient éloquemment: n'y avait-il pas clairement le désir du pays, bâti par les Québécois eux-mêmes, au sein d'une Assemblée constituante populaire? Peu après, l'étapisme a été intégré au programme, de même que les bonzes fédérastes (pour être gentil) comme conseillers politiques principaux au sein du parti, au grand dam du peuple. Puis la liesse de 1976, où au lieu de proclamer l'indépendance et préparer la résistance, le PQ démontra qu'il pouvait fort bien gouverner une province, mot qui signifie «territoire conquis pour les vaincus». Le référendum tordu de mai 1980, l'écrasement définitif des travailleurs dont on avait renié le préjugé favorable, l'abandon du rêve du pays et même l'adhésion au fédéralisme ont ensuite marqué le pas.
"Le nationalisme est une vérité, l’unité humaine en est une autre ; le bien de l’humanité réside dans l’harmonie de ces deux vérités. Seule une intelligence égarée par la passion, incapable de cette synthèse, peut s’obstiner à opposer des principes qui ne sont pas contradictoires."
Shrî Aurobindo
"La liberté se montre créatrice, si elle a un but, si elle est liberté au nom d’une cause. Cette liberté véridique et productive est moins garantie par la société qu’elle ne la régénère elle-même."
Nicolas-Alexandrovitch Berdiaeff
Notre parti est en bonne marche si nous lui donnons toujours la nourriture d’une cohérence interne et externe proportionnée à l’effort demandé à l’ensemble de nos militants. Cette cohérence s’articule toujours sur une certaine vision du monde et naturellement, sur une adéquation entre cette vision et notre action politique au quotidien et pour ainsi dire de chaque instant. Le Québec d’aujourd’hui et de demain a besoin de confiance en soi et pour ce faire il doit s’appuyer, essentiellement, sur ce qui est pour lui le repère identitaire numéro UN, c’est-à-dire sa langue, tout à la fois parlée et écrite.
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